Toutes les infos pour choisir

COUCHES JETABLES OU LAVABLES ?

Choisir en connaissance de cause
lundi 13 novembre 2006.
 
Couches lavables ou jetables ? Les couches jetables posent des problèmes de santé publique et d’écologie d’après diverses études scientifiques émanant de Greenpeace et du milieu médical. Les couches lavables alliées à l’hygiène infantile sont une alternative saine.

Des couches jetables imbibées de substances nocives

Les couches jetables sont une source de pollution à plus d’un titre : et par la déforestation qu’impose leur production (chaque année 5 millions d’arbres sont abattus sans reforestation associée !), et par la production polluante de la cellulose, et par les déchets qu’elles génèrent (plus d’une tonne de déchets non biodégradables par bébé !), et par les nombreux poisons qu’elles renferment qui leur confèrent leur pouvoir absorbant. En effet, dans certains pays comme en Allemagne ou en Suisse, à l’avant-garde des préoccupations écologiques, des organisations comme Greenpeace et des pédiatres relayés par les médias tirent la sonnette d’alarme sur les sérieux problèmes écologiques et de santé qui en découlent à plus ou moins longue échéance.

Quels sont ces poisons ? ( d’après Christiane et Guillaume dans le monde-de-bebe, qui ont lu et traduit des articles de la presse allemande et suisse) :

-  En 1967 déjà, le polychloroprène (PCP) contenu dans les couches jetables était incriminé dans la responsabilité de la mort d’un certain nombre de bébés aux Etats-Unis.

-  Le polyacrylate de sodium, un des nombreux produits chimiques qui rend la couche absorbante, a été retiré des tampons féminins en 1985 aux Etats-Unis. Il est soupçonné de provoquer des allergies graves, dont le choc anaphylactique. (l’hygiène naturelle infantile, Sandrine Monrocher-Zaffarano, Editions Jouvence, 2005, p.46)

-  En 1989, on a trouvé du furane et de la dioxine, très toxiques, dans la cellulose et dans l’enveloppe des couches jetables. Selon les indications du ministère de l’environnment, la dioxine serait 1000 fois plus toxique que le cyanure de potassium !

-  En 1998, öko-test trouve du benzol, reconnu cancérigène, dans le gel absorbant des couches jetables.

-  En 2000, Greenpeace trouve des composés organo-étain [1] hautement toxiques dans les couches (dossier de presse du 15 mai 2000 et info de presse du 15 mai 2000 de Greenpeace Allemagne, article du "Weltspiegel" du 13/05/00 et article de "Further Nachrichten" du 13/05/00 : Greenpeace trouve le poison hormonal TBT (tributyl étain) dans les couches jetables).

United Poisons of Benetton and Pampers !

Berlin, le 12 mai 2000

Greenpeace a détecté le poison hormonal TBT (tributyl étain) dans plusieurs marques de couches jetables vendues en Allemagne. Les résultats de recherches réalisées pour le compte de Greenpeace prouvent que les couches de la marque "Pampers Baby Dry" de Procter & Gamble [2], "Fixies Ultra Dry" de la SA Paul Hartman et "United Colors of Benetton Junior unisex" de LedysanSpa sont infectés de TBT et autres composés organo-étain. Afin de protester, des membres actifs de Greenpeace remettaient ce matin 500 couches au ministère de l’économie en Allemagne. [...] La teneur en TBT va de 4,2 microgrammes/kg dans les couches Benetton à 4,7 microgrammes/kg dans les Fixies et jusqu’à 8,6 microgrammes/kg dans les Pampers. D’autres composés organo-étain tels que le DBT (dibutyl étain), et le MBT (monobutyl étain), ont été trouvés dans les couches. Les substances chimiques ont été trouvées dans une partie de la couche qui est en contact direct avec la peau du bébé. "TBT est une des substances les plus toxiques que l’homme n’ait jamais fabriquées. Le TBT passe dans le corps par la peau et empoisonne l’homme et l’environnement", dit l’expert des substances chimiques de Greenpeace, Monsieur Thilo Maack.[...]Ce poison pour l’environnment agit pratiquement comme une hormone.Une quantité infime peut endommager le système immunitaire de l’homme et influencer son système hormonal )[...]

La société Witco à Bergkamen en Allemagne produit 80% de la quantité de TBT utilisé dans le monde entier. Des quantités microscopiques de TBT tuent les algues et les moules et a, pour cette raison, été interdit dans la peinture des bateaux. Depuis des années, Greenpeace fait appel à l’industrie afin de faire arrêter la fabrication et l’utilisation du TBT. Dans tous les domaines d’utilisation, il existe des alternatives pour remplacer les composés organo-étain. [...]

Laboratoire de recherche : GALAB, Geesthacht. Méthode : Extraction avec EtOH/Na-Diethyldithiocarbamat, réalisation de dérivés avec NaBEt4, extraction avec hexane, séparation et quantification avec GC-AED.

Les fabricants nient l’existence de TBT dans les couches : Selon l’expert de Greenpeace M. Thilo Maack : "La réaction de Procter & Gamble (Pampers), donne la dernière pointe à ce scandale. Au lieu de faire tout son possible pour trouver la source de ce danger, la société minimise le problème."

Suite à une nouvelle étude effectuée en juin 2000, il s’avère qu’il n’y a plus de TBT dans les couches jetables. Restent les composants MBT et DBT, et ceci pas dans toutes les marques testées et en quantité moindre que lors de la première étude, et de plus il semblerait qu’ils soient moins nocifs.

Ces faits m’inspirent plusieurs réflexions :

-  Il semble qu’aucun contrôle ne soit effectué ni de la part des autorités sanitaires ni de la part des sociétés fabricantes, sur la "compatibilité physiologique" des couches jetables pourtant en contact direct avec la peau d’un petit d’homme sur plusieurs années ! Il faut qu’une organisation comme Greenpeace fasse éclater le scandale pour que rapidement les substances les plus nocives soient enrayées mais pour combien de temps ?!!! Comme aucune transparence n’est garantie, prudence !

-  Quant aux autres substances, elles sont nombreuses et elles ne sont pas dénuées d’effets ; le fait que nous manquions de recul pour en évaluer les effets secondaires ne nous autorise pas à les nier ! Principe de précaution ! Par ailleurs, la combinaison de ces substances est propice à une potentialisation de leurs effets néfastes.

-  Les couches jetables, de par la présence de plastique autour, ne sont pas respirantes, donc ne sont pas saines pour le bébé et génèrent une surchauffe, comme en témoignent ci-après des observations de médecins

Il fait beaucoup trop chaud pour les bourses des bébés garçons dans les couches jetables plastifiées

d’après un article paru dans "Die Tageszeitung" du jeudi 28 septembre 2000, traduit par Christiane dans le monde-de-bebe.

Chez les bébés et enfants portant des couches jetables plastifiées, la température scrotale est plus élevée. Dans une étude, les pédiatres de Kiel ont mesuré une hausse allant jusqu’à 3°. Selon leur avis, ceci pourrait être une première raison de la baisse de fertilité masculine et la hausse du cancer des bourses constatées ces dernières décennies. L’étude a été déclenchée par une observation : " Si on ouvre la couche d’un bébé souffrant d’une infection avec température très élevée, on se brûle presque les doigts" dit le Dr. Carl-Joachim Partsch, médecin-chef de la clinique infantile à Kiel, lors d’un interview avec la "Arzte Zeitung" (journal médical).

En collaboration avec le professeur Wolfang Sipell et M. Aukamp, il a mesuré la température scrotale de 48 garçons en bonne santé de la naissance à 55 mois et ceci 2 fois pendant 24 heures (Arch Dis Child 2000, 83, 364). Des sondes spéciales, effectuant des mesures toutes les 30 secondes, ont été collées sur les bourses. Ainsi, on a obtenu en tout 2880 mesures de température. La température rectale a servi de contrôle. Lors de la première série de mesures, les garçons portaient des couches modernes jetables plastifiées, lors de la deuxième série, des couches en coton.

On a pu constater des différences importantes. Dans la couche en coton, la température des bourses était en moyenne inférieure d’un degré par rapport à celle prélevée dans les couches jetables. La différence avec la température rectale était largement supérieure, ce qui est normal, car les bourses ont normalement une température de 34°. Par contre, Partsch dit :" les températures maximales mesurées dans les couches jetables atteignaient 37°". Les pédiatres supposent que, soumises à de telles températures, les bourses ne peuvent se développer normalement. Ceci dit, Partsch ne veut pas catégoriquement condamner les couches jetables plastifiées, mais en cas de température élevée, il préconise de mettre des couches en coton aux garçons.

Des couches lavables à l’hygiène naturelle infantile : Une réelle alternative écologique

Pour véritablement s’engager dans une démarche moins polluante, plus écologique et davantage respectueuse de l’enfant, il ne suffit pas de remplacer les couches jetables par des lavables sans poser un autre regard et tenter de changer nos comportements sur l’apprentissage de la propreté, sur l’opportunité qu’il offre d’être davantage à l’écoute des besoins du bébé, d’être dans une relation plus respectueuse et plus riche avec le jeune enfant enfant. Tout d’abord, des couches lavables, oui ! mais en coton biologique ; car les non bio sont aussi imbibées de substances toxiques sachant que la culture intensive du coton majoritairement utilisée dans l’industrie textile se fait à grand coup de pesticides et d’insecticides ; et qu’à cela s’ajoutent tous les mauvais traitements riches en produits chimiques anti-hygiéniques voire pathogènes que subit la fibre (blanchiment au chlore, teintures minérales, traitement anti-parasites).

Toujours dans une perspective écologique, le lavage des couches se fera avec une lessive 100% biodégradable. Ces lavages consomment de l’énergie et de l’eau qui peuvent être minorés par la qualité de l’équipement électroménager et par des pratiques comme le trempage.

Le recours aux couches lavables peut constituer une aide dans l’hygiène naturelle infantile (approche progressive, alternance des moments sans couche et avec couches dans une journée ou selon les périodes). Vu que l’effet mouillé est bien perceptible avec ces couches, ce qui n’est pas le cas avec les jetables "qui contribuent à déconnecter le bébé de ses sensations corporelles externes par leur effet "bébé au sec" tant vanté par les publicitaires"(supra, p.81). D’ailleurs, en moyenne, les enfants langés de couches lavables sont propres un peu plus tôt, vers l’âge de 2 ans.

S’il en était encore besoin, j’ajouterai -parce que l’argument économique est souvent invoqué notamment pour dénigrer à tort le bio "c’est trop cher et pas rentable", ce qui est monumentalement faux !!!-, que la mise en oeuvre de l’hygiène naturelle infantile permet de faire de conséquentes économies, que le choix des couches lavables est beaucoup moins onéreux que celui des couches jetables (cf. étude de différents organismes officiels allemands et suisses en 1997 relatée dans le catalogue de monde-de-bebe : on économise au moins 770 € pour le premier enfant et 1220 € pour le 2ème et 3ème parce que c’est du robuste ! et cela est encore plus vrai aujourd’hui qu’en 1997 ; on retiendra que ce qui pollue coûte très cher (par ex. les centrales nucléaires qui en plus d’être des gouffres à fric sont excessivement polluantes). Et souvent l’investissement financier est inversement proportionnel à l’investissement relationnel, affectif, au don de soi ! Je souhaite que bientôt l’homo sapiens supplante le triste homo economicus ! Et à tous ceux qui clament qu’élever des enfants ça coûte cher... à trop les entourer de matériel de puériculture de plus en plus sophistiqué, de jouets interactifs et de professionnels de la petite enfance qui trop souvent, malheureusement, infantilisent les parents, nous ne rencontrons plus nos enfants, nous ne connaissons pas nos enfants. Comment alors tisser des liens et s’aimer ?

Alexandra

Sources :

-  Le catalogue papier du Monde de Bébé, Mots, Formes et Couleurs

-  L’hygiène naturelle infantile, la vie sans couches par Sandrine Monrocher-Zaffarano,aux Editions Jouvence, 2005.

-  Accueil Greenpeace France

[1] Les composés organo-étain inhibent la production d’hormone stéroïde.

[2] Les premières couches jetables ont été commercialisées en 1961 : C’était déjà les Pampers de la société Procter & Gamble !