Je n’enverrai pas mon fils à l’école

mardi 1er mai 2007.
 

Je vous livre ce que m’a inspiré mon expérience de l’école (en tant qu’élève, puis en tant que vacataire) et les témoignages d’amis dont les enfants, bien qu’épanouis et intelligents (trop certainement), ont très mal vécu d’aller à l’école. Certaines de mes connaissances ont fini par déscolariser leurs enfants ; c’est nota le cas d’agriculteurs bio. Leur fils est d’ailleurs heureux de cette initiative et s’intéresse beaucoup à ce que font ses parents, il participe avec eux aux activités agricoles. Ce texte découle aussi de l’expérience de ma nièce Lisa qui est en maternelle.

Et j’y ai mis les éternels poncifs : l’école (comme la crèche d’ailleurs !!) socialise - pourquoi pas humanise ??? !!! -, plus l’enfant est scolarisé tôt (dès 3 ans et pourquoi pas 2 ans ?!!!), moins il sera en échec ; et l’éternelle confusion qui ne choque qu’une minorité : la scolarité (alors que c’est l’instruction qui est obligatoire !

Et dans le contexte actuel de la présidentielle, les candidats s’emparent du sujet : la scolarité obligatoire dès 3 ans figure au pacte présidentiel. Elle ne ferait qu’entériner une situation de fait pour la majorité des familles ; ça n’en demeure pas moins une atteinte à la liberté d’instruction. Mais les mères, les enfants, les familles s’en réjouissent-ils, s’en portent-ils bien ? Il semble que dans une large mesure nos modèles de développement basés sur la course aux profits, notre exigence matérielle, notre exigence de confort, notre exigence de loisirs, notre exigence d’en avoir toujours plus, sont prioritaires sur le temps, la présence, l’amour que nous accordons à nos enfants, sur les liens que nous tissons avec eux ; et malheureusement, l’école s’inscrit parfaitement dans cette logique ! Sans doute avons-nous à repenser et à recréer d’autres formes de développement, centrées sur l’essentiel, "reconnectées" à la Terre, pour qu’enfin parents et enfants vivent ensemble, qu’échanges, partages et liens rythment leurs heures. Cette perspective de vivre séparée de mon fils (moi au "travail", lui à la crèche, l’école, au pire dès 2 mois et demi, au "moins pire" vers 3 ans), devoir renoncer et/déléguer (à) son éducation, m’attriste, et m’interroge sur le sens de la parentalité (réduite à la conception pour bcp de parents, en caricaturant à peine !), sur la qualité et le caractère utile de l’instruction dispensée actuellement à l’école.

Je n’enverrai pas mon fils dans vos écoles républicaines.

Parce que d’un certificat de vaccinations dépend son admission ! [1]

Les individus marqués au sceau de la barbarie, ça me rappelle une page noire et insensée de notre Histoire !

Moi qui pensais que l’Ecole était un havre pour les enfants, protégés de toutes les discriminations !

Des instit courageux accueillent des enfants sans-papiers,

Qui accueille des enfants non vaccinés par choix thérapeutique ?

Moi qui étais sûre que c’était le vivier de toutes les lumières prêtes à faire le jour sur les préjugés, les dogmes et les sophismes ![2]

Je n’enverrai pas mon fils à l’Ecole de la République

Parce qu’elle croit être le rempart contre tous les sectarismes !

Parce qu’elle veut détenir le monopole de l’Instruction !

Parce que l’ardeur à commander y fait autorité,

Parce que la pertinence y est jugée insolente,[3]

Parce que le questionnement c’est une rebellion,[3]

Parce que la vivacité y est étiquetée turbulence,

Parce que la docilité y fait figure de discipline,

Parce qu’il faut "rentrer dans le rang" au plus tôt, étouffer sa créativité, ses émotions, sa sensibilité pour "s’adapter",

Parce que cela c’est renoncer à son Humanité ! [4]

Parce que l’autonomie tant rabâchée n’y est pas recherchée,

Parce qu’éveiller les consciences, c’est plus qu’un métier !

Parce que l’énergie y est diagnostiquée hyperactivité exigeant une prise en charge psy et la camisole chimique,

Et que l’hyperactivité, l’indocilité... sont en passe d’y être repérées délits de prédélinquance [5]

Parce que l’expression de soi, de ses besoins, y est bridée à l’excès pour délit d’interférence avec le travail de la pensée,[6]

Parce que le sentiment et l’affectivité y sont refoulés de peur que l’élève n’en profite, et surtout au nom d’un égalitarisme aveugle, [7]

Quand on sait que les processus cognitifs se nourrissent aussi d’affectif ![8]

Parce que c’est bien la règle que d’y habituer les élèves à produire des comportements et des idées formatés ! [3]

Parce qu’on croit pouvoir faire l’économie de la connaissance de soi pour comprendre le monde,

Parce que la punition y sévit encore,

Parce que la compétition y est encouragée pour "armer les jeunes", pour qu’ils sachent "se battre dans la société",

Parce que l’élève y est considéré inférieur au prof,

En punissant et en humiliant des enfants, on voudrait en faire des êtres altruistes ! Quelle folie !

Parce que les parents n’y ont pas droit de cité : "De quoi se mêlent-ils ces non experts ?"

Parce que la peur de ne pas savoir le dispute à la honte de se tromper,

Parce que l’élève y est catalogué bon/moyen/faible, agité/travailleur/distrait...

Parce qu’il s’y colporte que l’autonomie s’acquiert en collectivité (comprendre la crèche et l’école) en dehors de la maman qui ne fait qu’entraver cette accession en étant trop maternante, allaitante, rassurante.

Ignore-t-on que l’éducation s’abreuve au langage du maternage !

L’Education Nationale n’a qu’à être rebaptisée Instruction Nationale !

Qui peut croire que l’Ecole socialise quand les violences verbales et physiques, - par des enfants privés de maternage, "enfant colis déposé en garde mercenarisée" [9], - sont ni gérées ni jugulées par des profs débordés ?

Parce qu’on y enseigne et applique une "diététique de supermarché" : lait de vache à gogo pour le calcium, goûter chocolaté pour les céréales, la viande pour les protéines...

Parce que "le bio à la cantine", pas un personnel de l’Education Nationale ne fait grève pour ça !!!

Parce qu’on préfère y ergoter OGM sans même expliquer ce qu’est en réalité l’agriculture et ses enjeux ! [10]

Parce que je n’ai jamais eu de cours sur : les toilettes sèches, le compost, la gestion durable de l’eau... Et c’est à l’avenir qu’on prétend préparer les enfants, sans ça ? !

Parce que les trusts toxi-agro-alimentaires et pharmaceutiques s’y invitent copieusement... pour faire des ravages profitables ![2]

Je n’enverrai pas mon fils dans vos centres aseptisés, conditionnés, sous-vide de liberté, d’expression de soi, en panne de Vie.

Parce que renoncer à éduquer et instruire mon fils selon le principe de non-violence, le respect du vivant, loin de l’idéologie du Progrès,

Parce que renoncer à découvrir la Vie pas à pas, à grandir avec mon fils, [11]

Me brise le coeur !

Alexandra, maman allaitante de Robin, 23 mois

Notes :

[1] L’exigence vaccinale est une ingérence dans la sphère privée, intolérable en démocratie, cf. article "un panel d’arguments à envoyer à nos sénateurs"

[2] Vaccinations, les vérités indésirables, Edit. Dangles, 2000, Michel Georget, prof agrégé de biologie, chap 5 le marché du vaccin, l’éthique et l’information, § dans le milieu enseignant, p. 314 et suiv : "c’est l’un des maillons essentiels pour la diffusion de l’information et l’industrie pharmaceutique ne se prive pas d’utiliser cet outil, au point de le manipuler sans qu’il s’en rende compte. Deux niveaux sont particulièrement visés : les instituteurs et les professeurs de biologie des collèges et lycées. [...] En 1995, [les] journées [de l’assiociation des profs de biologie et géologie] avaient pour thème "Génie génétique, biotechnologie, médecine prédictive, bioéthique". [...] mais une surprise nous attendait. Le 2ième jour, [...] un représentant de l’industrie pharmaceutique vint nous présenter un projet de dossier destiné aux enseignants sur "le bon usage du médicament", outil pédagogique constitué d’un ensemble de fiches techniques sur différents sujets au 1ier rang desquels... les vaccinations ! nous avons été plusieurs à y voir la mainmise de l’industrie pharmaceutique sur notre enseignement [...] La 1ière tranche de cette entreprise a été pour l’enseignement primaire avec de luxueux coffrets destinés aux CM1 et CM2. Dans le livret du maître on peut ainsi y lire à propos des vaccins : "Les enfants redoutent généralement les vaccins : Il est bon de leur rappeler que ceux-ci sont indispensables pour rester en bonne santé." Un tel discours associé à l’autorité morale du maître, ne peut ne pas marquer de jeunes enfants. A la suite de cela le document cite, en caractère gras, les vaccins obligatoires : BCG, DT-Coq-Polio, R.O.R., [...] Plus insidieux encore sont les exercices proposés à partir [du calendrier vaccinal] : "En observant le calendrier vaccinal, retrouve les vaccins qui nécessitent un rappel. As-tu eu des rappels ? Parmi tes vaccins, lesquels sont à jour ? [...] Cette attitude de refus de la contradiction me parait très révélatrice, et c’est très inquiétant, du conditionnement de la population puisque même ceux qui ont en charge de l’éveil de l’esprit critique des jeunes sont anesthésiés par la pensée unique ambiante."

[3] "...Mais la plupart des enseignants, il faut l’avouer, n’ont guère d’autre préoccupation que de faire entrer des connaissances dans la tête de leurs élèves, et leur enseignent à penser "comme tout le monde". A voir le cursus scolaire d’Einstein, on mesure combien la pensée différente est indésirable dans nos écoles. [...] interrogez un jeune d’aujourd’hui, que se passe-t-il s’il a lu Stephen Jay Gould et se permet de dire à son professeur que le darwinisme est dépassé ? s’il ose dire que Descartes était un mystique ? bref, s’il a une autre vision du monde que celle de son professeur ? [...] L’intelligence du coeur, Isabelle FILLIOZAT, Nouvelles Editions Marabout, déc 2004 (1ière édit. 97), p312. (I. Filliozat est psychotérapeute, elle travaille depuis 20 ans sur les émotions)

[4] : cf in supra [3], Chap 21, Une histoire de pouvoir, § l’obéissance, p 183 et suiv, à partir de l’expérience de Stanley MILGRAM (1974) : "Toutes expériences confondues, 65 % des sujets ont été obéissants jusqu’au bout. c’est à dire qu’ils ont infligé à un étudiant des chocs dangereux, uniquement parce qu’un homme en blouse blanche le leur demandait au nom de la science ! n’ironisons pas trop sur les américains. L’expérience a été réédité chez nous... Les Européens atteignent brillamment les 85% d’obéissants ! Nous sommes obéissants jusqu’à la nausée. [...] Stan Milgram conclut :" A une très grande majorité, les gens font ce qu’ont leur dit de faire sans tenir compte de la nature de l’acte prescrit, et sans en être réfrénés par leur conscience dès lors que l’ordre parait émaner d’une autorité légitime." Cette faculté de se dépouiller de son humanité pour commettre les pires exactions est alarmante. [...] L’obéissance est la force des sociétés hiérarchiques. on l’obtient en dressant les enfants dès leur plus jeune âge, au prix de l’étouffement de leurs émotiosn primaires. Parmi les défis auxquels l’éducation d’aujourd’hui doit faire face, on trouve l’enseignement du respect de l’autre et non plus la soumission, l’apprentissage de l’empathie plutôt que del’obéissance. Se libérer de la violence demande une révolution importante des mentalités."

[5] Ruptures, Serge Portelli (vice-président au tribunal de paris), dresse un bilan du ministère Sarkosy ; nota chap Une société sous haute surveillance, § le fichage des bambins turbulents : http://montaigne2001.free.fr/Serge.Portelli.Ruptures.FRENCH.pdf

[6] Chap 44 La place des sentiments, § L’affectivité à l’école, cf in supra[3], p. 313, 314 : "On fait des cours sur Vercingétorix, [...], mais on ne dit rien sur la colère, le deuil, l’amour, ou la gestion non-violente des conflits. On ne parle pas de l’affectivité à l’école et on la gère encore moins. On a beau savoir que les enfants travaillent mieux quand ils aiment leur prof, que les problèmes affectifs sont à l’origine de 98 % des difficultés d’apprentissage... c’est une contrée inconnue, on ne s’y aventure pas. [...] Célestin Freinet, Ovide Decroly, Rudolf Steiner, [...] ont fait sur le plan du respect et du développement social et affectif de l’enfant, des percées importantes dans le mur de l’ignorance. [...] Est-il si difficile d’apprendre à respecter les besoins d’un enfant ? Dès 2 ans, les petits commencent à intégrer la maternelle. A 3 ans, ils sont scolarisés à 90 %. Ils se retrouvent à 25 dans une classe. Dans la cour de récréation, ils ne sont pas toujours séparés des plus grands qui courent et font du bruit. Il arrive qu’on demande aux petits écoliers de rester assis et attentifs pendant plus d’une heure d’affilée ! Physiquement contraints, que vont-ils faire de laurs peurs et de leurs frustrations ? Quotidiennement, ils font face à la peur du rejet, du ridicule, de la répression, de l’échec... Que de choses difficiles à assumer pour des tout-petits ! Qui s’occupent de leurs émotions ? Ils perçoivent très vite qu’ici personne ne se préoccupera vraiment de leurs sentiments. Alors ils gèrent à leur façon leurs frayeurs et leurs ressentiments. Certains se mettent en retrait, d’autres s’accrochent à la maîtresse, d’autres encore deviennent hyperactifs, mordent, tapent... [...] Non, ce n’est pas leur caractère, ce sont leurs réactions de stress. [...] Pour ne pas avoir à remettre en cause le système scolaire, on banalise les attitudes d’opposition et de repli des enfants."

[7] Ma soeur a accompagné plusieurs sorties scolaires, étant très disponible ; et les instituteurs(trices) tiennent à ce que le parent qui accompagne fasse comme si son enfant n’était pas le sien et ils en exigent autant de l’enfant dont le parent est accompagnateur, avec plus ou moins de souplesse ; mais dernièrement, l’institutrice y est allée très fort en criant sur ma nièce de 4 ans, parce qu’elle avait éprouvé le besoin de tenir la main de sa mère au retour d’une sortie ; l’instit. lui aboya : " Tu reprends immédiatement ta place, c’est maîtresse qui commande !!!! Tu dois obéir sinon je ne permettrais plus à ta mère de venir en sortie !!!!!!" Ma soeur en a éprouvé un malaise, Lisa en a pleuré. Mais elles sont rentrées main dans la main.

[8] Chap 2 : La raison est émotionnelle ou elle n’est pas raisonnable, p. 28 in cf supra [3] "[...l’incapacité d’exprimer et de ressentir [les émotions] peut gravement altérer l’aptitude à raisonner."

[10] Les avancées "d’une science sans conscience" sont présentées sous un jour favorable, aux élèves : Par ex, en cours d’anglais (j’ai des raisons de m’inquiéter sur ce qui peut être au programme en biologie !), au lycée, les élèves ont eu à étudier un texte sur "le clonage thérapeutique" (thérapeutique donc c’est pour faire le bien), et à commenter un dessin qui représente une femme obèse devant sa télé qui plonge la main dans un paquet de chips et qui dit à peu près cela :"j’évite les OGM car ça peut-être nocif !", sous-entendu, je ne fais pas attention à mon régime en me gavant, qui plus est devant la télé, d’aliments saturés de graisses qui génèrent incontestablement des maladies cardio-vasculaires, alors que je me défends de consommer des aliments transgéniques dont il n’est pas démontré qu’ils sont toxiques !! Ou alors, le danger n’est pas là où l’on croit qu’il est ! C’est sans doute pour éveiller l’esprit critique des élèves !

[9] Expression pertinente de Valérie Guilcher, psychotérapeute, en réponse aux propositions de José Bové (quel féminisme ? la maternité) : http://unisavecbove30.free.fr/spip.php ?article19

[11] "Le travail et la création artistique, la vie familiale et la vie sociale, ne peuvent plus évoluer séparément. Il faut que le coeur, s’armant d’audace, imprègne la raison de sa chaleur vitale, même si la raison doit renoncer à sa rigueur logique pour faire place à l’amour et aux pulsations de la vie." Bruno Bettelheim cité in cf supra [3], p 334.


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